JACQUES PANEL
1919 - 1945

Jacques Panel naît à Modane en Savoie le 19 février 1919. Il est l'aîné d'une fraterie de 3 enfants, fils de Lucien Panel et Marguerite Jorio.
Jeunesse
Après avoir effectué ses années de collège chez les dominicains près de Lyon à Oullins, il rejoint le lycée Ampère à Lyon où il fait la connaissance de François Curis, qui deviendra son grand ami avant de devenir son beau-frère.
Extrêmement charismatique, il a de nombreux amis très fidèles, avec lesquels il aime passer du temps et organiser des fêtes et des we. Ses amis le décrivent comme un bout en train hors pair. L'année de son Baccalauréat de maths élémentaires en juin 1938, sa préoccupation première est l’organisation d’une grosse fête pour le 23 juin 1938 réunissant plus de 200 personnes à Lyon. François lui écrit depuis sa pension à Ginette à Versailles: “Je suis en train de penser que tu vas t’amuser ce soir en compagnie de moultes gentes personnes. J’espère que tu penseras à moi qui suis encore bouclé ici”. Son ami Noël Cozon lui écrit d’ailleurs en réponse à son invitation: “navré, mon vieux Jacques, mais je suis en pleine période d’examens. Merci d’avoir pensé à ma sœur et à moi, mais il nous est absolument impossible d’aller à cette surprise-party. Meilleures amitiés. Ce 20 juin.”
Il semblerait que Jacques ne fasse que peu de cas de sa période d’examens à lui. Là n’est pas sa priorité!
Son ami Jean-Louis de Sainte-Agathe lui écrit avec l’adresse suivante “Au très grand organisateur des distractions de cette ville”.
En 1938-1939, il prépare l'Ecole de l'Air au Lycée du Parc. Son ami François Curis lui écrit en janvier 1939: "J'ai appris avec joie que tu préparais l'Air. Si cela est, il y a de très fortes chances pour que le "piéjou" nous voit ensemble l'an prochain à Salon. Je continue à préparer Flotte mais je suis devenu un fanatique de l'Air. Ecris-moi vite des précisions Peut-être allons nous pouvoir de nouveau nous relancer dans de magnifiques projets. Je nous vois bien hissés à bord des vieux Potez du Piéjou chaque semaine pendant plusieurs heures, et manoeuvrant les mitrailleuses photos sur la route de Marseille".
La guerre & la Résistance
Il a 20 ans lors de la déclaration de guerre et décide de s'engager comme volontaire dans l’Armée de l’Air le 30 septembre 1939, avec François Curis. Il est affecté comme E.O.R (Elève officier de Réserve) au Centre d’Instruction de Bombardement (CIB) de Châteauroux, puis à la base de Toulouse Francazal (BA101) en avril 1940.
Démobilisé en avril 1942, il rentre à Lyon et s’engage dans la Résistance, au sein du Mouvement Combat.
Dès fin 1942, il travaille au service régional Maquis du Rhône, qui se constitue alors. Henri Jaboulay le choisit comme adjoint pour organiser la région R1 en recherchant des responsables Maquis dans tous les départements. Les moyens matériels et financiers, ainsi que les cadres faisant défaut, ils doivent se découvrir auprès d’un grand nombre d’industriels pour que ceux-ci acceptent d’apporter leurs concours. Son ascendant naturel et ses qualités de contact s’avèrent efficaces dans ces missions particulièrement exposées. cf courrier Henri Jaboulay au Shd Caen: "Jacques Panel militait dans les rangs du Mouvement de Résistance "Combat" lorsque je fus chargé de l'organisation des Maquis de la région lyonnaise. Jacques Panel fut mon premier adjoint et remplit de très nombreuses missions dans les 11 départements que comptait cette région."
Jacques Panel s’occupe par la suite des Maquis du département de Savoie, Haute-Savoie et Isère. (cf livre d'Alban Vistel La nuit sans ombres). Il prend comme nom de code Vallier. C'est sous ce nom qu'il est cité dans plusieurs ouvrages sur la résistance lyonnaise.
Il met en contact Romans-Petit avec le Père Bernard (Gabriel Curis, prieur de la Trappe des Dombes) qui fournira la 1ère voiture au Maquis de l’Ain : la Maquisette. (cf Henri Romans-Petit dans Les Maquis de l'Ain, 11 novembre 1943, défilé d'Oyonnax : "Soudain l'horizon s'éclaire. Vallier de l'Etat-Major régional, intervient auprès du révérend père Bernard, de la Trappe des Dombes qui camoufle du matériel en provenance de l'Armée dite d'Armistice. Nous avons une camionnette Citroën à notre disposition. [...] Lorsque j'arrive à la Cluse, je présente ma nouvelle conquête: Maquisette. Elle fait grande impression avec sa belle capote verte. La popularité de Maquisette est rapide. D'une part elle supprime les irrégularités dans l'acheminement des vivres car elle grimpe allègrement les côtes les plus dures, et d'autre part, elle est présente à tous les coups de main. Nous avons vite pour elle l'affection que l'on a pour les aînés. Elle est le point de départ du fameux groupe de transport crée et animé par Jean Miguet avec un courage sans défaillance jusqu'à la libération."
Après la constitution de l’Armée Secrète Unifiée, il devient responsable du 1er bureau (en charge du recrutement, de la lutte contre le Service du Travail Obligatoire, et le camouflage des réfractaires).
